Le désir d'avoir moins

On entre dans une ère de changement, de retour à l’essentiel & de retour aux sources, peut-être que le matérialisme à atteint le sommet et qu'il est sur la pente descendante? Ou peut-être est-ce parce que l’état de la planète nous oblige à changer nos habitudes. Quoi qu’il en soit, le minimalisme, très présent dans certains pays dOrient prend de plus en plus d’ampleur dans notre société. Un nombre croissant de personnes tentent de consommer plus intelligemment, de voir leur vie comme autre chose que du travail et tentent de réduire leur empreinte environnementale. 

 

Bien qu’on voie le minimalisme comme étant directement lié aux objets, il se pratique dans toutes les sphères de notre vie au quotidien, dans la préparation des repas, dans la façon de se vêtir mais aussi dans notre manière de vivre et d’organiser nos vies. Cet art du moins peut donc s’appliquer partout. 

 

Avoir moins d’attachement mais plus de liberté, travailler moins d’heures pour prendre plus de temps avec ceux qu’on aime, consommer moins mais mieux, investir dans les expériences et en soi-même plutôt que dans les objets matériels, etc. 

 

En lisant les commentaires & les messages que je reçois sur ma page, je prends conscience que beaucoup de gens se sentent coincés, ils sont victimes de la situation qu'ils ont, bien souvent, créée eux-mêmes sans le réaliser. Bien des choses les retiennent de faire ce qu’ils auraient envie de faire. Une simple maison les empêche d’aller de l’avant avec un divorce, trop d’objets accumulés qu’ils devraient entreposer les bloquent dans la décision de partir pour un long voyage ou encore des conditions de travail devenues plus avantageuses avec les années  les tiennent accrochés à leur boulot. Ce sont autant d' éléments qui nous enchaînent et auxquels on finit souvent par accorder plus d’importance qu’à notre propre bien-être.

 

Quel joie que de vivre avec frugalité, de développer son appréciation pour chaque petite chose, de se contenter de peu mais du meilleur à la fois, vivre avec moins est un art et quiconque apprend à se satisfaire de presque rien vit rarement dans le manque. 

 

Apprendre à soustraire ses désirs et se satisfaire que de l’essentiel prends du temps et de la pratique, mais qu’est-ce que quelques années de rigueur à côté d’une vie satisfaisante jusqu’à la fin?

 

Quel bonheur que de partir en voyage avec un seul sac sur le dos et réaliser qu’on a besoin de rien de plus que ça. Quel bonheur que ce sentiment d’être vivant en se réveillant dans une tente au pied d’une montagne ou au sommet d’une falaise. Et cette harmonie avec la nature que l’on ressent quand on plonge dans un lac frais nappé d’une brume dansante aux petites heures du matin ou cette connexion avec l’océan, face à ses vagues qui déferlent d’un bruyant grondement ou encore la douceur des pages d’un roman et la chaleur d’un café & d’un feu de foyer ces matins d’hiver. 

 

Le bonheur est simple. Si simple…

 

Je bois mon thé, je mange mon riz. Je passe le temps comme il vient, admirant le torrent qui coule plus bas et regardant là-haut les montagnes. Ah que de liberté, que de paix! 
- Un taoïste  

 

Cela demande beaucoup de pratique d’arriver à vivre en toute simplicité dans une société où l’on nous répète sans cesse que le bonheur se trouve dans les objets. Nous sommes enchaînés par des contrats de cellulaire de plusieurs mois, des paiements de voiture mensuels, une carte de crédit et une hypothèque à payer chaque mois. Nous sommes conditionnés à dépenser des sommes que nous ne possédons pas, à payer ‘’plus tard’’ pour nos désirs immédiats plutôt que d’être patients et d’attendre de pouvoir s’offrir quelque chose.  

 

Mais qui est le plus riche? Celui qui n’a pas trop de moyens et doit penser à payer chaque mois son 4x4 de l’année ou celui qui se contente d’une voiture usagée en bonne condition mais qui est libre de soucis & bénéficie d’un esprit tranquille? Est-ce celui qui a besoin de beaucoup pour être comblé ou celui qui se satisfait de peu? Est-ce celui dont la maison est remplie d’objets ou celui dont le boudoir n’abrite qu’une table à café & une plante verte?

 

L’espace. 

Le temps. 

L’esprit en paix.

N’est-ce pas là de grandes richesses? Je vous pose la question.

 

L’argent est une énergie que nous laissons malheureusement fuir à cause du manque de lucidité causé par le mauvais contrôle de nos impulsions. Faites de l’argent votre esclave, et non votre maître.
-Dominique Loreau

 

Désirer moins pour profiter plus. Désirer moins pour être plus libre, pour ne pas dépendre d’autrui ou d’une situation extérieure pour être heureux. Désirer moins pour vivre en paix, pour dépenser moins et devenir indépendant financièrement. Désirer moins pour avoir plus de temps, pour apprendre à être satisfait de ce que l’on a. 

 

Désirer moins & vivre ce qui est présent, aujourd’hui, là, maintenant. 

 

Qui sait se satisfaire de peu, vit dans l’abondance, car le peu ne manque jamais.
- Dominique Loreau