Voyager libre & léger

« Rien qui m'appartienne Sinon la paix du coeur et la fraîcheur de l'air. »  - Kobayashi Issa

Ne posséder que l'essentiel afin d'avoir plus de temps, de réduire nos soucis et les stress de la vie courante.

En désencombrant sa vie dans tous les sens du terme, on atteint une douce légèreté, une simplicité et une harmonie profonde et pure. Plus besoins de gadgets et de bebelles pour être heureux, le simple fait de regarder dans un hublot, de tourner les pages d'un livre ou d'observer les gens à l'aéroport nous suffit.

Rêver de ce qu'on a pas est une roue sans fin. C'est une habitude lourde et angoissante qui, plus elle est renforcée, plus il est difficile de s'en détacher. Se libérer de cette envie amer de toujours vouloir plus, sans ne jamais être rassasié pour autant, est un luxe qui est à la portée de chacun de nous.

Pauvre est celui qui vit dans le manque, celui qui est dépendant et esclave de ses possessions.

Riche est le voyageur, qui sans contrainte, suit son chemin, libre de tout attachement. 

À chaque objet mit dans notre sac à dos, non seulement on porte le poids physique de celui-ci mais aussi son poids émotionnel, celui du stress de perde ce qui nous appartient, de perdre quelque chose à quoi on s'identifie. Voyager léger ce n'est pas seulement d'emporter moins de choses, c'est aussi d'être détaché de celles-ci. Une fois qu'on est conscient et qu'on accepte que l'on peut très bien perdre notre bagage la première semaine, on se sent plus léger. Une fois qu'on réalise que ce ne sont que de simples objets on se sent libre.  Plus on limite nos choix, plus on se simplifie la vie. 

Profiter de ce qui est, sans vouloir posséder cette moindre chose qui s'offre à nous. Tout le monde sait que les souvenirs sont dans nos mémoires, pourquoi perdre du temps et de l'argent dans des boutiques touristiques ? À quoi bon accumuler des objets qui ramasseront la poussière dans quelques mois ? 

Si après une semaine de voyage, on réalise qu'on a apporter un t-shirt qui n'a pas été porté et qui traîne au fond de notre sac,  pourquoi ne pas en faire cadeau à quelqu'un ? Respecter nos biens fait parti de l'art du minimalisme. Si on n'utilise pas quelque chose ou qu'on ne prend pas soins de nos objets à leur juste valeur, aussi bien en faire profiter quelqu'un, qui appréciera ceux-ci plus qu'on ne sait le faire.

À force de pratiquer le détachement, on a de moins et moins envie de posséder. 

Plus on laisse aller, plus on désencombre, plus on apprécie ce sentiment de légèreté. 

On réalise que de donner et de partager est un bonheur immense qu'aucune possession ne saurait nous apporter. 

Décidé de ne plus posséder c'est reprendre le pouvoir et choisir de vivre en parallèle à notre société de consommation basée sur le désir infini. C'est choisir exactement de façon réfléchie, dans quoi on décide de dépenser notre argent précieusement gagné. C'est d'investir dans ce que l'on ne pourra jamais nous enlever, nous même. D'investir dans les valeurs qui nous font grandir tels que l'amitié et l'amour mais aussi l'éducation, les aventures et les expériences. 

Au Japon, vivre avec peu est un art. Un art que la plupart des voyageurs développent aussi sans le savoir. Vivre plusieurs mois avec seulement le contenu d'un sac à dos, nous fait prendre conscience qu'au fond l'essentiel ce n'est pas grand chose, mais que c'est tout à la fois.

« Il voyageait léger, et il n'y avait rien - excepté une amitié - qu'il ne soit pas prêt à laisser derrière lui... Aujourd'hui, plus que jamais, les hommes avaient à apprendre à vivre sans les choses. Les choses remplissaient les hommes de peur : plus ils en avaient, plus ils avaient à craindre. Les choses avaient une façon de se river sur l'âme et puis de dire à l'âme que faire. »  - Philip Harnden
minimalismeElise Bernier