Réduire ses possessions, accumuler les expériences

Ce n’est pas nécessairement par choix que l’on s’encombre de possessions. On achète souvent sans réfléchir, sans penser que ces objets qui nous rendent heureux sur le coup,  se faderont et deviendront un poids avec le temps. L’excitation laisse rapidement place à l’indifférence lorsqu’on parle d’objets matériels, alors que les expériences elles, comme l’âme d’un vieux chalet, s’embellissent avec le temps.

Nos souvenirs deviennent de précieux trésors que l’on gardent en mémoire et qui prennent de plus en plus de valeur avec le temps. Ce sont ces moments qui rendent la vie si merveilleuse. Souvenez-vous la première fois que vous avez plongé dans la mer, ce sentiment lorsque les roues de l’avion se détachent de la piste pour foncer droit dans le ciel, rappelez-vous les papillons dans votre ventre la première fois que vous êtes tombé en amour, tous ces échanges fait avec de parfaits étrangers, ce que vous avez ressenti dans un autobus seul à l’autre bout de monde…est ce vraiment comparable à n’importe quelle voiture, vêtement ou téléphone? Ou n'est ce pas plutôt dans ces expériences que se trouve la vraie richesse d'une vie. 

Nos expériences, tout comme nos connaissances, nous appartiennent, on pourrait vous dépouiller jusqu’au dernier sous, mais on ne pourra jamais vous enlever cela. C’est ce qui fait qu’elles sont si précieuses et si uniques.

À ma mort, je veux me souvenir d’avoir quitter mon pays pour mon premier amour, d’avoir appris à communiquer dans plusieurs langues, d’avoir appris à danser la salsa au Mexique et le Tango en Argentine, d’avoir magasiné mes fruits frais du matin au marché de Bangkok, d’avoir fait mon premier saut de bungee au Costa Rica, d’avoir sauver des gens de la noyade lorsque j’étais sauveteur en mer, d’avoir oser toujours repousser les limites de mon confort, d’avoir fait mon premier demi-marathon en Amérique latine, d’avoir connecté avec des gens de toutes les cultures et religions et m’être fait des amis aux quatre coins de la planète… C’est ça, ma richesse.

Je possède très peu, mais j’ai l’impression d’avoir une richesse inépuisable ; la liberté. Je n’ai pas de cellulaire, pas de voiture, pas de maison ni une garde-robe aux dernières tendances, mais j’ai l’esprit tranquille, libre de toute pression sociale & matérielle. Si on me propose une aventure intéressante demain matin, je rempli mon sac à dos, j’embrasse les gens que j’aime et je pars sans complications ni sentiment de culpabilité. La liberté n’est pas quelque chose qui s’achète au contraire, elle prend de l’expansion à mesure que l’on se détache des choses et qu’on cesse de vouloir tout posséder et tout contrôler.

Se détacher de ses possessions, c’est aussi de vivre plus intensément et harmonieusement. Plus on réduit, plus on réalise que la pression du marketing n’est qu’une mascarade contrôlant nos vies, il faut arriver à se détacher de cela pour faire des choix éclairés et arriver à vivre pour soi. 

Peu à peu, commencez avec vos vêtements, vos objets, vos meubles puis ensuite vos relations et vos pensées. Le minimalisme commence souvent par les objets mais à mesure qu’on y adhère, on atteint des points beaucoup plus profonds. En réduisant le matériel cela nous amène à une meilleure concentration et vision de soi-même, c’est quelque chose de très puissant. 

Simplifiez jusqu’à ne garder que ce qui est de qualité et qui vous procure de la joie, tout le reste ne mérite pas de faire partie de votre vie, vous méritez ce qu’il y a de mieux, rien de moins.