Choc du retour : Mon expérience

Pratiquement tous les voyageurs en parlent, on les entends souvent dire qu’il est très difficile de se réadapter à la vie  "normale".

Le retour du voyage peut être dans certains cas beaucoup plus difficile à supporter que le départ. Plus on part longtemps et plus on est impliqué dans notre pays d’accueil, plus le retour peut nous sembler comme une montagne impossible à escalader.

J’ai vécue un choc à tous mes retours voyages et chacun d’eux ne fût pas une partie de plaisir, en particulier mon tout dernier. Probablement car je suis partie plus longtemps, que j’ai vécue comme une locale durant plusieurs mois, j’avais mon boulot, mon apparement, mes amis…ma vie enfin.

4h20 du mat, mon ami vient de me déposer à l’aéroport. On a célébrez mon départ la veille, l’attention était très appréciée mais c’était loin d’être un moment joyeux pour moi. 5AM je passe les douanes pour quitter mon pays d'accueil la larme à l’oeil, au milieu de tous ces touristes bronzés rouges-oranges avec leurs chandails I love Costa Rica j’ai le cœur à l’envers, je me répète sans cesse dans ma têtemais qu’est ce que je fais ici?, j’ai l’impression de ne pas être du bon côté de la clôture. Je sens que je suis ici chez moi et que je prends l’avion pour une destination qui n’est pas pour moi.

Je m’étends dans un coin tranquille de l’aéroport et m’endors au son de la musique écoutée en boucle durant ces dernières semaines. Je me réveille, 5 minutes avant le décollage de mon avion. Merde, pourquoi je ne l’ai pas manqué!

C’est en arrivant au Canada que je suis le plus anéantie, les douaniers sont non-chalands, l’accent québécois me donne le cafard, l’ambiance est froide et moi, je me sens terriblement seule et pas du tout à ma place. C’est ça chez moi?
 

Je pense aux amis que j’ai quittés, à tout les gens aimables qui ont croisés ma route, je pense à la mer, à la chaleur, au peuple incroyablement aimable et à la magnifique culture dans laquelle j’ai vécue ces derniers mois et je me sens dépourvue de repères. Lorsque j’aperçois ma famille, j’ai le cœur gros mais je me retiens, je ne veux pas qu’ils se rendent compte à quel point je n’ai pas envie d’être là mais mes proches me connaissent trop bien, c’est là au milieu de l’aéroport que je me suis effondrée.

La première semaine fut difficile surtout que mon corps eu tellement de mal à supporter le choc du retour que je suis tombée malade le lendemain de mon arrivée. 


C’est dans un petit village reculé de la ville que je passa l’été, sans cellulaire, loin de mes amis et de ma famille. J’avais besoins de digérer mon retour en paix. Je n’avais qu’une seule idée en tête, repartir. J’ai alors choisi de concentrer mes énergies sur mon futur projet voyage/carrière et de me préparer à repousser les limites encore une fois pour vivre nouvelles expériences.

Retrouver le rythme du pays

Lorsqu’on revient au pays, on peut faire face à toute sorte de difficultés : Manque d’argent, pas d’emploi, nostalgie etc.

Pour moi le plus difficile fût de retombée dans un rythme de vie qui ne me convenait plus. Depuis des mois je vivais au rythme du soleil, je travaillais au bord de l’océan et je surfais durant mon heure de diner. Je vivais parmi des gens incroyablement aimables à un rythme de vie beaucoup plus lent qu’au Canada. Le bus est plein? On ne pousse pas, on attend le prochain sans faire de scène. J’ai régulièrement vu des chauffeurs d’autobus reculer sur la grande route pour retourner chercher quelqu’un avait manqué le bus.  "Por favor, donde està la parada de bus?" Venez avec moi je vais vous y conduire avec plaisir. Les gens où j’ai vécu s’entraide, s’écoute et surtout, prennent le temps d’apprécier chaque choses simples de la vie.

Une adaptation constante

En voyage, on est constamment stimulé. On doit parler une autre langue, goûter à de la nourriture nouvelle, on rencontre constamment de nouvelles personnes bref, on est vivant! Lorsqu’on est à dans notre pays de résidence, tout nous semble ordinaire et familier. Lorsqu’on revient, c’est comme si tout nous paraissait ennuyant. Sur la route étant toujours sortie de notre zone de confort, on s’adapte à un monde en changement constant, à la maison, c’est nous qui devons changer devant un monde statique. On aime la présence des étrangers parce qu’on se perçois comme un être à part alors que par les proches, on est perçu comme un des leurs.

La culture et les valeurs différentes

Quand on visite des pays qui sont plus pauvres que les nôtres, c’est souvent très difficile de revenir et de constater qu’ici, on est non seulement riches, mais nous le sommes sans le savoir. Ici, on n'a qu'à ouvrir le robinet pour avoir de l’eau potable, tourner la ''switch'' pour avoir de l’électricité, on trouve le moyen de se plaindre. L’univers matérialiste, individualiste, la vitesse, le compétition sont des choses qui font énormément partie de notre société. On revient souvent de voyage en étant prêt à améliorer nos habitudes de vie et on retombe dedans aussi vite par ce qu’ici, c’est comme ça que les gens vivent.

Finalement, le choc du voyage est quelque chose qu’on doit prévoir. On planifie toujours minutieusement un départ de voyage mais jamais le retour, c'est pourtant crucial. 

Si le retour est parfois difficile, qu’on se sent étranger dans son propre pays, aucune de ses difficultés vous fera regretter un voyage car c’est souvent quand on rentre à la maison qu’on prends leçon de tout ce qu’on a appris durant notre séjour à l’étranger. C’est une étape précieuse de notre évolution mais pour bien la vivre, on doit s’armer de patience & de tolérance surtout envers soi-même. Vos beaux souvenirs et tous les moments même les plus difficiles deviendront magiques puisqu’il sont à vous seul.

Même si la réadaptation peut parfois sembler interminable, n’oubliez jamais que vous êtes autre chose que votre voyage. Gardez le focus sur vos projets, mettez de l’énergie dans ce qui vous passionne & foncez.

“Every perfect traveler always creates the country where he travels.”